Une réponse concrète à un enjeu de souveraineté
L’histoire de l’ECA débute en 2019 et prend une dimension particulière lors de la crise sanitaire. La pandémie agit comme un révélateur : dépendances technologiques, fragilité des chaînes de valeur, perte d’autonomie stratégique, la question de la souveraineté européenne devient centrale. À ce moment charnière, Emmanuelle Morice, alors issue du monde Corporate Tech, décide de lever le pied pour raisons de santé. Ce recul devient un tournant. Elle rejoint l’initiative lancée par Andrea Vaugan avec une interrogation : pourquoi l’Europe, avec un tel potentiel, peine-t-elle toujours à développer et à garder en Europe ses propres leaders technologiques ?
Très vite, l’engagement s’intensifie avec un objectif : rapprocher startups et grands groupes, structurer des projets industriels tels que les Gigafactories, accompagner les réflexions de fond sur les filières Tech européennes. Pour ce faire, l’ECA, structurée autour de trois axes majeurs - AI, Green Ops et Cyber Security - donne accès aux startups à leur « client zéro » (condition essentielle à leur survie et à leur passage à l’échelle supérieure). Ou encore une cartographie de plus de 1000 entreprises européennes en Cyber capables de renforcer l’indépendance technologique par des rapprochements stratégiques et des opérations de consolidation. Enfin, l’ECA porte une voix auprès des institutions européennes, pour défendre une vision engagée. Autant de missions et de projets que soutiennent ensemble près de 80 adhérents, plus de 300 experts et une communauté élargie impliquée. Son action se veut concrète, opérationnelle, tournée vers l’impact réel plutôt que vers les effets d’annonce.
Remettre l'humain au centre
Mais la singularité de l’alliance ne s’arrête pas à l’innovation. Au cœur de sa réflexion stratégique s’est imposée une évidence : la force de l’Europe n’est pas seulement la technologie mais aussi sa culture et son espace de liberté. C’est dans cet esprit qu’est née au sein de l’association, l’initiative The Art of the Possible. Son ambition : interroger l’intelligence artificielle, la transformation numérique, la révolution cognitive par le prisme de l’art. Non comme un supplément esthétique mais comme un fondement stratégique offrant un horizon qui inspire tout en faisant écho à notre plus bel héritage. Emmanuelle Morice en est convaincue : « les arts et la culture sont le chaînon manquant qui peut redonner à l'innovation un objectif noble. Lorsque l'imagination rencontre la collaboration, l'innovation s'enflamme. L’art devient alors un instrument d’intelligence collective » glisse-t-elle. Surtout, « il remet l’humain au centre » ajoute cette dernière.
Quand la scène devient laboratoire stratégique
Preuve si il en fallait, la performance SYNE de Lola Volonakis. Dans cette œuvre intense, la voix lyrique de la cantatrice dialogue avec son clone numérique (développé par un membre ECA). Lola explore la tension entre l'humain et la machine, l'organique et le technologique, la tradition et l'innovation.
En intégrant cette performance à ses rencontres, l’ECA crée un espace inédit : dirigeants, ingénieurs, investisseurs et artistes réfléchissent ensemble aux implications profondes de l’IA. « L’art est un sésame qui rend toutes les conversations possibles, en y insufflant sensibilité et exigence, redéfinissant ainsi notre raison d’être » décrypte Emmanuelle Morice.