Fabrice Boudas

Fabrice Boudas, l’optimisme comme ligne de conduite

Chez Fabrice Boudas, Membre Parnasse depuis 2021, l’optimisme n’est ni une posture ni une naïveté. C’est une discipline. Une manière de traverser les périodes d’incertitude sans jamais perdre de vue l’essentiel : la vie, comme l’entreprise, finit toujours par retrouver son chemin.

LE VENDREDI 6 FÉVRIER 2026

Lorsque nous le rencontrons, Fabrice Boudas revient tout juste d’un épisode aussi inattendu que révélateur : quatorze heures bloqué dans un Eurostar, en pleine période de fêtes. « Nous avons surtout aidé le personnel. L’Eurostar a été très généreux, et au final, le positif, c’est que nous pourrons repartir à Londres avec un billet qui nous a été offert », raconte-t-il. Une anecdote presque anodine, mais qui dit beaucoup de sa manière de regarder le monde : même dans l’immobilité forcée, il cherche le mouvement à venir et voit le positif.

À 61 ans, Fabrice Boudas est Directeur général de Niedax France, filiale d’un groupe industriel allemand centenaire spécialisé dans la transformation de l’acier et les systèmes de cheminement de câbles électriques. Une industrie profondément locale, ancrée dans les territoires, loin des effets de mode. Il y est entré en 2011. « On m’a proposé ce poste alors que j’étais en transition. C’était un vrai challenge » raconte-t-il. Quinze ans plus tard, le chiffre d’affaires est passé de 39 à 84 millions d’euros et l’entreprise est devenue leader de son marché devant Legrand.

Mais Fabrice Boudas ne revendique jamais ses succès seul. « Je reste un manager. Ma réussite, je la dois à ceux qui m’entourent ». Directeur commercial en 2012, Directeur financier en 2015, puis Directeur général en 2018, il a structuré, recruté, délégué. « J’ai eu la chance d’être bien entouré » souligne-t-il avec une sincère modestie. Une philosophie qui se traduit aussi dans les décisions concrètes : lorsqu’il a fallu engager la transition vers les véhicules électriques, il n’a pas imposé mais a su donner envie avec une politique premium, des voitures attractives : « les équipes se sont intéressées à l’électrique naturellement ».

Etre optimiste c‘est être plus ouvert

Formé à l’ESC Lille puis à l’EDHEC (MBA), Fabrice Boudas a toujours évolué dans le commerce et l’industrie. D’abord chez Rexel puis chez Siemens. Il revendique une fidélité assumée au secteur de l’industrie même s’il a changé souvent d’entreprises. « Ma génération restait longtemps dans les mêmes Maisons. J’ai connu cinq entreprises dans ma carrière, cela fait beaucoup ». Beaucoup d’entreprises certes mais une constance dans son appréciation de la vie transmise par un professeur qui l’a marqué : Philippe Gabilliet, spécialiste de la chance et de l’optimisme qu’il a d’ailleurs invité comme orateur chez Niedax lors d’une conférence : « être optimiste, c’est être plus ouvert, plus attentif aux autres » explique-t-il.

Quelle que soit la difficulté, s’adapter

Les crises récentes - Covid, inflation, tensions économiques - n’ont fait que renforcer cette certitude. « À chaque fois, on s’est adapté. La grande leçon, c’est que quelle que soit la difficulté, on s’adaptera ». Selon le dirigeant, c’est même précisément dans les périodes d’incertitude qu’il faut décider, investir, continuer d’avancer. « La France ne va pas si mal. Il faut garder confiance » martèle ce dernier. Cette confiance, Fabrice Boudas la place aussi au cœur de son management. Porte ouverte, écoute permanente, dialogue, « au début, ça a bousculé certains managers. Mais je fais tout pour discuter avec eux » glisse-t-il. S’il devait recruter un dirigeant demain, il privilégierait sans hésiter le savoir être : quelqu’un de positif, capable de travailler en équipe, doté d’une vraie résilience, « quand une entreprise va mal, c’est souvent que son dirigeant va mal. Le mental est essentiel ». 

Fan inconditionnel de foot et du Racing Club de Lens, qu’il compare volontiers au monde de l’entreprise, Fabrice Boudas croit beaucoup à la préparation mentale et au sentiment d’appartenance. Membre Parnasse depuis 2021, il y a également retrouvé des valeurs qui lui parlent : disponibilité, écoute, bienveillance. « Cela nous apporte une vraie sérénité au quotidien ». Des valeurs qu’il incarne lui-même, convaincu que le temps finit toujours par révéler le sens des épreuves. « Sur le moment, tout semble catastrophique. Puis, avec le recul, on comprend. Il faut de la force morale ». Pour 2026, il ne formule qu’un vœu pour Niedax : rester une entreprise pérenne et durable. Et quand on lui demande ce que nous pouvons lui souhaiter, la réponse ne surprend pas : « Être à l’écoute, être en bonne santé. Le reste suivra ».

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