« J’ai eu différentes vies : celle de journaliste, d’ingénieur, de réalisateur de documentaires. J’aimais raconter, transmettre, donner du sens. J’ai conservé de l’ingénierie mon amour pour l’exploration spatiale. Sanctuary On The Moon est né de cette envie de réunir ces deux mondes », explique Benoît Faiveley, frustré de constater combien de traces de notre passé ont disparu, faute de supports durables. La lecture de Carl Sagan et du mythique Golden Record envoyé avec les sondes Voyager agit comme un déclic : pourquoi ne pas laisser, nous aussi, un message ? Un message destiné à nos descendants, ou peut-être à d’autres formes de vie. Un portrait sensible et scientifique de l’humanité.
Après sept à huit ans de réflexion et de recherche, Sanctuary On The Moon prend forme. Le projet vise à déposer sur la Lune une capsule temporelle composée de 24 disques de saphir de plus d’un kilo (1,4 kg précisément), gravés de milliards de micropixels, capables de résister à l’obsolescence numérique pendant des millions d’années.
Le contenu de la capsule s’articule comme un triptyque humaniste. D’abord, ce que nous sommes : notre biologie jusqu’au génome humain. Ensuite, ce que nous savons : une synthèse des connaissances scientifiques majeures sur la matière, la vie, l’eau, l’espace, les exoplanètes. Enfin, ce que nous faisons : l’art, la musique, la création, réinterprétés et racontés à travers une curation assumée de 8 heures d’audio. « Je ne me vois pas comme celui qui raconte tout, mais comme un producteur, un curateur. Je délègue à des experts le soin de raconter, de choisir, d’assumer des partis pris », confie Benoît Faiveley, devenu entrepreneur. Sanctuary embrasse l’imperfection humaine, tout en visant une transmission universelle.