Matthias Centi : quand la musique devient une école de la vie

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Matthias Centi : quand la musique devient une école de la vie

Rien ne prédestinait Matthias Centi à diriger une Ecole Supérieure de Musique. Directeur de l’IESM à Aix en Provence, il est aujourd’hui bien plus qu’un Chef d’Entreprise puisqu’il transmet au quotidien sa passion pour la musique à des jeunes artistes ou interprètes et voit dans la musique une formidable école de la vie.

LE JEUDI 11 JUIN 2026

Dans les coulisses

Ni musicien de formation, ni issu du monde artistique, Matthias Centi a longtemps évolué dans un univers bien différent : celui de la finance, de la gestion et de l’entreprise. Pourtant, aujourd’hui, à la tête de l’École supérieure de musique d’Aix-en-Provence, il semble avoir trouvé une forme d’évidence. 

Né et ayant grandi dans le sud de la France, Matthias Centi construit d’abord son parcours dans des fonctions de direction financière. Pendant près de vingt ans, il évolue dans différents secteurs, notamment celui des cliniques privées où il exerce comme directeur administratif et financier. Un quotidien rythmé par les chiffres, la gestion et les enjeux organisationnels. Un parcours solide, rationnel, éloigné en apparence du monde artistique.

La transmission en partition

Mais la musique n’a jamais été totalement absente. Mélomane depuis toujours, il grandit dans un univers où elle occupe une place particulière, notamment grâce à sa mère, passionnée elle aussi. Un héritage discret mais profondément ancré. En 2010, une opportunité se présente : prendre la direction administrative d’une école de musique. Progressivement, une autre aventure commence : « Je ne suis pas musicien, mais je suis passionné par ce que la musique transmet », résume-t-il. Et ce qu’il découvre dépasse largement l’apprentissage d’un instrument.

Dans son quotidien, il observe des étudiants qui travaillent plusieurs heures par jour, répètent inlassablement les mêmes gestes, acceptent l’échec, recommencent, progressent lentement avant d’atteindre l’excellence. Une exigence qui lui rappelle certains parallèles avec le sport de haut niveau. « La musique apprend la persévérance, la rigueur, l’effort. On arrive sans savoir-faire, et par le travail, on peut aller très loin ». 

Cette philosophie irrigue aujourd’hui sa manière de diriger l’école. Entre recherche de financements, accompagnement des équipes pédagogiques et suivi des étudiants, Matthias Centi est un chef d’orchestre et ce qui le nourrit le plus reste le lien humain. Voir un élève progresser, prendre confiance, trouver sa voie, voilà sans doute sa plus grande satisfaction. Car derrière les performances techniques se cache toujours autre chose : une construction personnelle. Selon ce dernier, la musique enseigne bien davantage que des notes ou une technique. Elle apprend à écouter, à interpréter, à travailler avec les autres, à gérer le doute et à accepter l’exigence. Et cela, quelle que soit la classe sociale : « la musique classique n’est pas élitiste, martèle ce dernier. 45% de nos étudiants sont boursiers. On est très loin du cliché »

« Ce sont des compétences qui servent toute une vie»

Dans un monde marqué par l’instantanéité et l’accélération permanente, Matthias Centi constate aussi une évolution chez les nouvelles générations. Les outils changent, les usages évoluent, mais certaines réalités demeurent intactes : l’excellence artistique ne supporte pas les raccourcis. La passion reste le moteur principal. À Aix-en-Provence, ville marquée par une histoire culturelle forte et rythmée par ses grands festivals, son école joue également un rôle particulier : faire vivre un écosystème artistique, créer des rencontres et former une nouvelle génération de musiciens pour la France et l’international. 

Récemment, cette volonté de transmission l’a même conduit jusqu’en Corse où il a participé à la création d’une nouvelle formation musicale. Comme une façon supplémentaire d’élargir les horizons et de revenir régulièrement sur ses terres d’adoption.

Lorsqu’on lui demande ce qu’il écoute actuellement, il évoque sans hésiter Rachmaninov. Une musique exigeante, puissante, sensible. Un choix qui lui ressemble probablement. Car derrière le directeur, derrière le gestionnaire, il y a avant tout un homme convaincu que la musique n’est pas uniquement un art. C’est une manière d’apprendre à vivre. Et c’est celle qu’il a d’ailleurs choisi pour ses deux jeunes enfants. Pour preuve, son fils de 9 ans débutera en septembre l’Alto au Conservatoire.

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