Iphone duo, lunettes connectées, décryptage des lancements d'octobre

SPECS Lunette

Iphone duo, lunettes connectées, décryptage des lancements d'octobre

En quelques jours, Apple et Snap ont chacun lancé leur nouveauté : l’iPhone Duo, qui se déplie pour offrir davantage d’espace, et, pour Snap, les lunettes SPECS. Deux façons d’imaginer les usages de demain, avec une même question en filigrane : aurons-nous encore besoin du smartphone tel que nous le connaissons ? Décryptage avec Philippe Lucas, EVP Devices & Partnerships d’Orange.

THURSDAY 24 SEPTEMBER 2026

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Cela n’aura échappé à personne, le 9 septembre dernier, Apple a présenté son premier iPhone pliable. Fermé, l’iPhone Duo conserve un format compact avec un écran de 5,4 pouces. Ouvert, il offre une surface de 7,6 pouces, permettant notamment de travailler sur plusieurs applications côte à côte, de lire plus confortablement un document ou de regarder une vidéo sur un écran plus grand. 

L’innovation ? « Le même appareil peut désormais changer de fonction selon la manière dont on l’ouvre. Un téléphone dans la poche, presque une tablette lorsqu’on en a besoin. Une évolution qui pourrait contribuer à faire disparaître progressivement la frontière entre certains appareils » explique Philippe Lucas avant de s’interroger : « si le mobile sait faire ce que l’on faisait hier sur une tablette ou un ordinateur, pourquoi multiplier les écrans » ?

Certes, le pliable n’est évidemment pas une invention d’Apple, Samsung ayant lancé le sien depuis plus de 7 ans suivi par bon nombre d’acteurs chinois comme Huawei, Honor, Oppo. Mais son arrivée contribue à installer ce nouveau format dans les usages grand public. Et derrière le téléphone, c’est tout un écosystème qui risque de changer, l’ordinateur étant moins nécessaire.

Demain, les lunettes pourraient sortir le mobile de la poche

Hasard du calendrier, une semaine plus tard, changement de perspective. Avec ses nouvelles lunettes SPECS, lancées en partenariat avec Orange, Snap fait le pari inverse : plutôt que d’ajouter de l’écran, pourquoi ne pas le rapprocher du regard ?

« Ces lunettes de réalité augmentée sont conçues pour fonctionner de manière autonome, sans smartphone » explique Philippe Lucas. Elles peuvent ainsi afficher des informations dans le champ de vision, intégrer caméra et audio et faire appel à des services d’intelligence artificielle. Snap les inscrit ainsi dans une nouvelle catégorie de terminaux, qui pourrait, comme le souligne Philippe Lucas, progressivement réduire la dépendance au smartphone. 

Et c’est précisément là que le partenariat avec Orange prend tout son sens. « Orange est le seul partenaire français de Snap autour de cette nouvelle génération de lunettes » se félicite Philippe Lucas, avec un lancement en exclusivité sur le réseau Orange prévu en France début 2027. Orange accompagne ainsi l’émergence d’un nouvel usage : « non plus seulement connecter son smartphone au réseau, mais imaginer ce que pourrait être une expérience numérique qui s’en affranchit progressivement » glisse ce dernier. 

À terme, les lunettes pourraient donc devenir bien davantage qu’un accessoire : un nouvel écran, un appareil photo, un écouteur, un assistant conversationnel… jusqu’à peut-être remplacer certaines fonctions aujourd’hui concentrées dans le smartphone.

Deux appareils, une même révolution : le format redevient un sujet

L’iPhone Duo et les SPECS racontent finalement la même histoire à l’envers. Pendant quinze ans, nos usages numériques se sont concentrés autour d’un même objet : un rectangle d’environ six pouces tenu à la main. Aujourd’hui, les fabricants recommencent à explorer d’autres surfaces et d’autres façons d’interagir avec les contenus. 

« Le pliable agrandit l’écran quand on en a besoin. Les lunettes cherchent, elles, à faire disparaître l’écran de notre champ de conscience. Dans les deux cas, la technologie devient moins visible et l’usage plus important » analyse Philippe Lucas. C’est peut-être là que se situe le véritable changement. Après avoir appris à adapter un même contenu à différents écrans, il faudra demain imaginer des expériences capables de se recomposer selon l’endroit où l’on regarde, la façon dont on tient son appareil ou le contexte dans lequel on se trouve. 

Philippe Lucas

Et après-demain ?

Impossible évidemment de savoir quel appareil s’imposera. Les deux produits s’adressent encore à un public précurseur et leur adoption à grande échelle reste à construire. Mais c’est justement ce qui les rend intéressants à observer aujourd’hui. « Les innovations de rupture commencent souvent avec quelques utilisateurs avant de transformer progressivement les usages du plus grand nombre » explique Philippe Lucas.

C’est aussi tout l’enjeu de l’innovation telle que Parnasse la conçoit : ne pas attendre que les usages deviennent évidents pour commencer à les explorer. Les comprendre, les tester, en mesurer l’intérêt et permettre à ses Membres d’avoir, dès aujourd’hui, un temps d’avance sur ce que sera leur quotidien numérique demain. « Je suis persuadé que ces nouveaux formats trouveront un écho auprès des Membres Parnasse toujours en recherche d’innovations » glisse encore Philippe Lucas. Aujourd’hui, le téléphone se plie. Demain, il pourrait se porter sur le nez. Et après-demain, peut-être n’aurons-nous tout simplement plus besoin de le sortir de notre poche.

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