À Thiron-Gardais, petit bourg du Perche de moins de mille habitants, le patrimoine n’est pas un mot figé. Il vit, il s’habite, il s’invente. Depuis 2013, Stéphane Bern y restaure patiemment un ancien collège royal, devenu à la fois lieu de vie, musée et symbole. Chaque année, plus de 13 000 visiteurs viennent découvrir ce joyau architectural. Beaucoup espèrent même, en franchissant ses portes, entrer un peu « chez Stéphane Bern » raconte Yori Baillères qui partage sa vie depuis cinq ans.
De cette envie est née une idée simple : prolonger l’expérience. D’abord à travers une première marque, Collège Royal, qui décline l’univers du lieu en objets de décoration et d’art de vivre (tabliers, coussins, mugs) inspirés du patrimoine textile français. Puis, depuis fin 2025, à travers une ligne plus libre, plus pop, plus joyeusement décalée : Paris le Perche.
Focus sur les animaux et jeux de mots de Stéphane Bern
Portée par Stéphane Bern et Yori Baillères, Paris le Perche est née presque par accident. « Nous avions déjà lancé des tee-shirts blancs, qui ont immédiatement rencontré leur public », raconte Yori. Très vite, l’envie de pousser plus loin s’impose : une marque à part entière, plus fun, plus graphique, capable de dialoguer avec une génération plus jeune ».
Aujourd’hui, la collection compte une trentaine de pièces : tee-shirts en coton coloré, tote bags, chaussettes, mugs, bougies, cahiers, savons, magnets. Tous partagent une même signature : un mélange assumé de patrimoine, d’humour et de tendresse. Avec en fil rouge, les célèbres jeux de mots de Stéphane Bern « Bern to be alive », « Happy Bern’s Day », « Bern to be cool » ou encore « nom d’une pipe » que Stéphane Bern répète à l’envie. Mais aussi des phrases plus coquines que seuls certains comprendront telles que « en mode pacha » qui côtoient des animaux devenus emblématiques. A commencer par les deux teckels de la maison, véritables mascottes de la marque, « pourris gâtés » selon Yori.
L’engagement de Paris le Perche
« Les chiens ou les chats sont des petites personnes », sourit ce dernier qui a eu un véritable coup de cœur pour les animaux à 35 ans. « Ils ont leur sensibilité, leur caractère, comme les enfants ». Ici, pas d’animaux instrumentalisés ni mis en scène à tout prix. Le regard est respectueux, militant assumé. La marque met à l’honneur ceux que l’on maltraite souvent : rats, pigeons, chats, chiens. Un cheval percheron couronné, des animaux qui s’enlacent, partent à la chasse ou posent avec une ironie délicate. Toujours avec une distance juste, jamais cruelle.
Cette attention se prolonge dans un engagement concret : certains produits (pour l’instant les t-shirt) sont réalisés en partenariat avec la SPA, une collaboration mûrie de longue date. « Nous voulions faire quelque chose de juste, pas opportuniste », explique Yori. « Et aujourd’hui, nous réfléchissons à aller encore plus loin ».
Toile de Jouy et sweat à capuche
Ce qui frappe, en coulisses, c’est la cohérence du duo. Plus la marque avance, plus elle révèle la rencontre de deux univers : celui de Stéphane Bern, amoureux du patrimoine, de l’Histoire et des symboles, qui devient de plus en plus rock, et celui de Yori, entrepreneur, attentif aux usages, aux publics, aux signaux contemporains. Le mélange des genres fonctionne et il n’est pas rare qu’un client reparte avec un tablier en toile de Jouy et un tee-shirt streetwear à l’effigie d’un teckel à poil dur.
Vous l’aurez compris, Paris le Perche, comme Collège Royal, n’est pas une marque de vêtements au sens classique. C’est un récit. Une manière de dire que le patrimoine peut être joyeux, accessible, vivant. Que l’on peut aimer les lys, les couronnes (parfois détournées) et porter un sweat à capuche sans renier l’élégance. Et que, parfois, un simple tee-shirt peut raconter une histoire commune, faite d’humour et de liberté.