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Du vendredi 9 mars au dimanche 16 septembre
Musée des Arts Décoratifs, 107 rue de Rivoli, Paris 1er
Louis Vuitton-Marc Jacobs : les collections entrent au musée
Évocation parallèle entre Louis Vuitton, l’homme et malletier, et Marc Jacobs, le créateur et directeur artistique de la Maison, chacun resitué dans son époque, cette exposition, la première en son genre, démontre les rouages artistiques d’une même marque à deux ères clés de sa trajectoire.
La mode au musée est la mode : avant le doublé Comme des Garçons White Drama et Cristobal Balenciaga, Collectionneur de Modes, par le Musée Galliera hors les murs aux Docks en Seine (à partir du 13 avril), et avant l’exposition événement sur Schiaparelli au MET de New York, scénographiée par le réalisateur Baz Luhrmann (Moulin-Rouge, Australia), le calendrier se fixe sur un autre événement en la matière avec Louis Vuitton - Marc Jacobs aux Arts Décoratifs avec une exposition fleuve et anthologique, plus analytique que rétrospective. Justement, piqûre de rappel : Paris, 1997. Le malletier Louis Vuitton annonce son entrée en mode par la grande porte et l’arrivée, à la tête de sa direction artistique, du créateur américain Marc Jacobs. Une bombe. Une révolution. Car débarqué de New York où il joue déjà dans la cour des grands, Jacobs finira par déclencher un raz-de-marée stylistique en invitant des artistes singuliers du calibre de Stephen Sprouse, de Takashi Murakami et de Richard Prince à venir chahuter et booster les codes établis de la marque. Si Louis Vuitton a été l’inventeur du luxe moderne, Marc Jacobs se pose en inventeur du pop-luxe. Son imprimatur sur l’univers vêtements et accessoires de la maison s’est élargi à d’autres domaines dont les campagnes publicitaires, mais ses défilés restent dans la ligne droite du parti. Trente à ce jour, multipliés par deux en incluant la femme et l’homme, ce qui fixe à ce jour le compteur de sa collaboration à quinze années pleines. Certes, on a beaucoup glosé sur son éventuel départ pour Dior, en remplacement de John Galliano, ce qui a mis la planète fashion en émoi et provoqué un réjouissant mercato virtuel. Mais Jacobs est un fidèle. Chez Louis Vuitton il est, chez Vuitton il reste. Ce qui ne l’empêche pas de diriger sa propre marque, Marc Jacobs, avec toutes ses lignes et déclinaisons afférentes. À la fois pertinent et culotté, le créateur, lucide, sait quelle est sa place : « Une griffe célèbre, unique, qui existera après moi. Louis Vuitton n’est pas une maison de mode. On fait des choses à la mode, on a introduit l’idée de la mode qui évolue avec les humeurs du temps, les icônes de la culture populaire, mais le coeur de la marque est inchangé et inchangeable ». Fort de ce constat, l’attelage fonctionne à plein régime et cartonne dans le monde entier. C’est la contribution commune à la mode de ces deux entités fortes et patientes que le Musée des Arts décoratifs dévoile, montre et démontre réunissant deux systèmes et deux mondes ayant fini par se croiser. Scénographié par Samantha Gainsbury et Joseph Bennett, l’ensemble s’étage sur deux niveaux : au premier étage, les malles et accessoires de mode anciens sortis des archives et du Musée Louis Vuitton à Asnières ; au second, les modèles emblématiques par Marc Jacobs. Un parallèle tendant à montrer comment chacun, à son époque, a su propulser la maison hors de son cadre pour en faire un véritable phénomène de société. Co-édité par les Arts Décoratifs et Rizzoli, le livre-catalogue est publié sous la direction de Pamela Goblin. Une autorité.
www.lesartsdecoratifs.fr
