Goudemalion : Jean-Paul Goude, so good

Musée des Arts décoratifs - 107, rue de Rivoli, Paris 1er - Tél : 01 44 55 57 50

Du 11 novembre 2011 au 18 mars 2012 - Musée des Arts décoratifs



Goudemalion : Jean-Paul Goude, so good

Ce sera l’expo-événement de l’hiver. Une première absolue. Sa vie, son oeuvre. En vrai et à sa démesure. Quarante ans de création, de carrière, de tapage visuel bluffant, de manipulations iconiques entrées dans la légende. Jean-Paul Goude entre introspection et rétrospective.

Kodak. Perrier. Citroën. Lee Cooper. Dim. Avant de faire les délices par sagas entières des habitués de la Nuit des Publivores, les films de Jean-Paul Goude révolutionnèrent l’image publicitaire, son message, son impact et par le même canal, l’image de la femme. Ainsi de Grace Jones, la star absolue des eighties, découpée, décuplée, prothétisée, tordue. Oubliée La Vie en Rose discoïde : la chanteuse, devenue muse goudienne, avait trouvé son pygmalion. Avant elle et après elle, Radiah (qui fut sa femme), Toukie, Farida, Laetitia Casta (pour les Galeries Lafayette). De Saint-Mandé au monde entier, l’itinéraire foisonnant de Jean-Paul Goude est retracé, quarante ans d’éclats, de carrière et de vie, au Musée des Arts décoratifs, auto-scénographiée par Goudemalion en personne. Lui-même livré à son propre jeu des étirements, allongements, découpages et autres greffes visuelles, sempiternellement chaussé de ses souliers blancs à semelle de gomme rouge portés sans chaussette, Goude se met donc en scène, histoire de se retourner sur ses débuts et ses fantastiques oukazes visuels. Après avoir débuté comme illustrateur pour le magazine Marie-Claire, Goude s’est signalé en réalisant la fameuse fresque des « Minets » pour le Printemps Brummel. C’était en 1964 et ça défrisait le chaland. Quatre ans plus tard, il s’envolait pour New-York, happé-appelé par le magazine Esquire. Succès fou. Il faudra patienter jusqu’en 1982 pour qu’il aborde le film publicitaire en lançant ses Kodakettes, en faisant sortir des CX de la bouche d’une Grace Jones citroënisée, claquer les volets en criant Egoïste ! Pour Chanel ou muter les fessiers moulés Lee Cooper en tam-tams. La mémoire collective frappée à jamais, Goude avance dans son exploration métamorphologique du corps humain, de l’anatomie artificielle, de l’éthnicité. Point d’orgue de cette vision récurrente où le mouvement et la danse sont fabuleusement envisagés : le défilé du Bicentenaire de la Révolution française, la Marseillaise transfigurée, les derviches en folie. Inventeur de la French Correction « petit guide pour se mettre en valeur », Jean-Paul Goude a aussi scalpélisé sa propre vie. Une exposition n’y suffit pas tout en mettant l’eau à la bouche. Ferrier, c’est pou!, ou l’occasion de revoir sa/son Copi... Se ruer aussi sur le catalogue mis en page par cézigue sous la direction éditoriale de Patrick Mauriès. Du nanan... 

(40 euros. Ed. La Martinière / Les Arts Décoratifs).

www.lesartsdecoratifs.fr

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