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André a plus d’un chef
C’est sans doute le meilleur restaurant d’une ville qui regorge de tables étoilées. Aussi le moins tapageur, le moins chic, mais assurément celui où l’on fera le repas le plus enthousiasmant du moment.
Né à Taiwan, passé par chez Gagnaire, Robuchon et Troisgros en France, le jeune et ambitieux André Chiang fourbit ses premières armes singapouriennes devant les fourneaux du Jaan, le gastro du Swissôtel-The Stamford, très haut perché au 70ème étage et où officie aujourd’hui le chef Julien Royer. Redescendu sur terre – la vue de là-haut était époustouflante, André s’est posé à quelques numéros du New Majestic Hôtel, en ouvrant en 2010 son propre restaurant, à son prénom. Bistrot contemporain au décor presque basique si l’on excepte ce curieux troupeau de six moutons noirs (une confession ?) à tête argentée : le cadre se place aux antipodes de tout ce que la scène locale aime à monter en épingle. Ni luxueux, ni tape à l’oeil. Une prouesse. En revanche, dans les assiettes, c’est un ravissement des yeux, d’abord, puis du palais. Deux menus typologiques : Pure et Texture, puis laisser faire et se laisser servir et surprendre par ces extraordinaires raviolis plus transparents que du cristal ou ces anchois farcis plus brillants que de l’argent. Tout le reste est à l’avenant. Une vraie signature, un vrai talent.
www.restaurantandre.com

